5 et 6 JUIN
Jour 36 (5 juin): Direction : Revelstoke, Colombie Britannique
C’est ce matin qu’on s’échappera de notre enclos pour retourner au BC, plus précisément à Revelstoke, un endroit qu’on avait envie de voir de plus près puisque cette région est connue pour la qualité de sa poudreuse et pour la quantité qu’il en tombe chaque hiver, plus de 630 cm par saison !
On s’embrasse et on dit « À Bientôt ! » à Jacinthe et Mario en ce petit matin d’une journée qui s’annonce chaude…
Sur notre route, on prendra soin de s’arrêter au Emerald Lake qui, selon les dires et la brochure touristique, tire son nom de la couleur de son eau. Mais à voir la file de véhicules stationnés tout le long de la route qui y mène, on est tentés de rebrousser chemin jusqu’à temps qu’un VR occupant la 2e position à l’entrée décide de décamper…Yessss !


En effet, l’eau du lac est d’un magnifique ton d’émeraude mais, on choisit de laisser la foule derrière pour continuer notre route car, nous devrons affronter Rogers Pass avant d’atteindre Revelstoke et que, tout compte fait, on a vu à ce jour bien d’autres merveilles…
Depuis notre départ, je ne crois pas qu’on ait roulé dans un col aussi prononcé et avec autant de tunnels ! Ça s’explique puisque Rogers Pass, au cœur du Glacier National Park, est une montagne qui culmine à 1330 mètres d’altitude à travers la chaîne des Selkirk Mountains. C’est justement à la suite d’une avalanche meurtrière de 1910 qui tua 58 travailleurs du Canadian Pacific que ces tunnels ont été construits.
On peut d’ailleurs constater, par les nombreuses coulées de neige encore bien visibles, qu’il s’agit d’un territoire qui compte plus d’une centaine de couloirs d’avalanche et de l’une des montagnes les plus « challengeantes », comme diraient les Français, pour la randonnée et le ski de haute-route.




Arrivés au Lamplighter Campground de Revelstoke, on réalise rapidement que, bien que la jeune Rachel au comptoir ait voulu nous faire plaisir en nous assignant un site avec foyer (un minuscule trou dans le sol!), on est bizarrement situés à la conjoncture des douches/laundromat/cuisine communautaire et de la dernière courbe avant l’entrée/sortie du camping, tellement que ça prendrait une clôture pour empêcher les gens de passer à quelques pieds de nous ! Trop crevés pour contester, on verra ça demain…

Ayant pris soin auparavant d’arrêter au bureau touristique, on apprendra qu’on devra se rabattre sur les restos locaux de l’endroit comme divertissement plutôt que sur les sentiers de rando puisque ces derniers sont fermés à mi-parcours par les autorités, par crainte d’avalanches! On n’aurait pas cru que c’aurait pu être encore un enjeu en cette période de l’année… mais bon!
Jour 37 (6 juin): Lamplighter Campground, Revelstoke, Colombie Britannique
Malgré que l’on soit situés de façon pas trop-trop privée au camping, ce dernier a l’avantage d’être à une distance de marche de la ville, ce qui nous permet de nous dégourdir un peu les jambes.

Au premier regard, on s’aperçoit rapidement que la ville a connu ses heures de gloire il y a déjà quelque temps car, mis à part les skieurs logés en montagne qui descendent pour se changer les idées durant la saison hivernale, Revelstoke est une vieille petite ville, pleine de potentiel certes, mais qui a grand besoin d’amour…


Heureusement, nombre de petits cafés, restos et commerces locaux semblent raviver de plus en plus l’intérêt des jeunes trentenaires et + et entrepreneurs visionnaires, à voir la moyenne d’âge que nous croisons, la valeur des vélos électriques qui y circulent et le nombre de maisons qui se font retaper. En espérant qu’il n’y ait pas de gentrification féroce qui vienne mettre en péril le charme et l’esprit communautaire qui émanent de ce joli coin de pays…


On a d’ailleurs dégusté un des meilleurs bols asiatiques au Café Sincero et siroté un chaï des plus veloutés, accompagné d’un biscuit mélasse/gingembre, sans gluten de surcroit, au Flourish Bakery.
De retour au camping, en écoutant les nouvelles et en jasant avec divers voyageurs, on se rend vite à l’évidence que les feux qui font rage dans le nord sont susceptibles de contrecarrer quelque peu nos plans de retour vers l’est.
Un court moment de panique se pointera quand on réalisera que si les feux se rendent jusqu’à la Transcanadienne #1, nous n’aurons d’autre choix que de passer par les USA pour se rendre en Ontario… et que nous n’avons pas nos passeports avec nous !!! Wôôô les moteurs ! On se calme le pompon et on se regroupe…
Revenus à nos esprits, on décide toutefois de couper de moitié notre visite et de reprendre la route dès le lendemain, question de mettre le plus de kilomètres entre les feux et nous. Le gérant du camping sera très sympathisant à notre égard et nous remboursera la totalité des 2 journées de plus que nous avions réservées.
On se reverra Revelstoke…


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